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Second Life : Parlons Copybot sans drama
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Économie
Écrit par naofan Teardrop   
Jeudi, 04 Février 2010 14:12

Copybot le mot de tous les fantasmes  dans Second Life, le mot également de toutes les justifications. Mais au fait, Copybot c’est quoi?

Copybot est un outil créé initialement pour faciliter le transfert des informations techniques entre les grilles. Il a été écrit à une époque où le client Second Life n’était pas «Open» ; c’est à  dire que l’on n’avait pas accès au code source. De nos jours, le mot Copybot est utilisé de manière plutôt générique pour tout procédé visant à acquérir illégitimement un droit  supplémentaire non fourni par le détenteur originel de l’item (et des droits intellectuels dans certains cas).

Pourquoi le Copybot existe-t'il ? Il n’y a pas de protection technique?

En fait tout part d’un malentendu conceptuel. Nous parlons de «viewer», que nous traduisons très naïvement en «visualiseur , en programme qui nous permet de voir. Mais c’est là qu’est le problème fondamental.  Le programme «viewer» n’est pas un programme pour voir, comme celui qui vous permet de regarder la télé sur votre ordinateur mais un programme qui reconstruit le monde chez chaque personne. Il faut donc que chaque personne, chaque client, chaque viewer reçoive TOUTES LES INFORMATIONS nécessaires à la recréation de tous les objets qui sont visibles. Pourquoi est-ce nécessaire? Hmmm... imaginez que vous disiez à un maçon, «vous allez construire tous les murs de la maison que j’ai imaginée mais je ne vous fournirai aucun plan, juste qu’il y  a  5 murs, un toit, 4 fenêtres, 1 porte.» D’après vous, est ce que le maçon va construire la maison que vous imaginiez?

Est-ce que cela veut dire que tout est copiable? Dans la théorie oui, dans la pratique certaines choses peuvent être beaucoup plus dures à copier. Le but de ce document n’étant pas d’aider les copybotteurs mais d’expliquer posément et calmement, je n’entrerais donc pas dans les détails.

Est-ce que  cela veut dire que tout viewer (client SL) est potentiellement un copy bot? Oui. Ce qui  est différent, c’est que dans un client correct, il y a une sécurité qui dit : «Hey mon(ma) grand(e), non tu n’as pas le droit de copier cet objet ou bien de le transférer ou de le modifier etc» Bref les clients réguliers ont un Jiminy Cricket® intégré qui fait que certaines choses sont possibles ou non parce que ce sont des règles que nous devons toutes et tous appliquer pour vivre ensembles.

Est-ce que Linden Lab peut «détecter» un utilisateur de Copybot ou de programmes modifiés? Sans entrer dans les détails, oui et non. Dans certains cas, c’est imaginable mais le problème avec ce genre de chose c’est que, comme nous venons de l’expliquer, un client a besoin de tout reconstruire. En apparence, du coté «serveur» (c'est-à-dire du coté de LL) le client normal et le Copybot demandent la même chose, de la même manière (ou presque, je simplifie). C’est dans le presque qu’il y a souci. Parce que presque ce n’est jamais «je suis sûr» cela  limite donc les possibilités opérationnelles tout en ne les interdisant pas ; néanmoins les TOS (Conditions d'utilisation de SL) ouvrent bon nombre de possibilités à Linden Lab de faire un peu ce qu'il veut.  Pour faire simple disons qu'automatiser ce genre de chose ferait prendre le risque de bannir des gens qui n'ont rien fait mais qui seraient suspectés du fait de ce que l'on nomme les "faux positifs" (cf un exemple plus bas).

Pourquoi est ce que Linden Lab n’introduit pas des sécurités actives (l’on dit veille offensive) dans le code source des viewers?

Linden Lab récupère déjà beaucoup d’informations (presque à la limite de ce qui est tolérable). Mais il faut savoir que votre ordinateur est une zone PRIVEE. Qu’y faire tourner des fonctions sans votre consentement éclairé (qui par exemple iraient chercher des infos ou exploreraient votre système) est un acte répréhensible qui peut valoir des ennuis ou au mieux de se voir tout simplement interdit d’utilisation dans les entreprises, les milieux universitaires, les associations etc. Là où vous devez trouver vos clients.

L’exemple de risque pourrait être illustré par un système de téléphonie Peer2Peer qui ne s’est imposé que de manière marginale et uniquement auprès du grand public, du simple fait que leur système ne pouvait garantir la confidentialité vis-à-vis de personnes externes. Résultat il est interdit dans bon nombre de réseau ayant une activité pro ou semi pro ou éducative.

Et les DRM (Digital Right Management), cela résoudrait?
Non, les DRM ne résolvent rien. Les DRM sont un système qui n’a pas pour but de rendre plus sûr (tous les DRM ont toujours été contournés en quelques jours) mais de rendre de la «confiance» aux titulaires des droits. Et cette confiance a un coût financier qui est loin d’être négligeable (en plus d’avoir un coût technique) qui doit être supporté par l’utilisateur ET PAR LE TITULAIRE DES DROITS. Lorsque l’on voit les mêmes personnes qui se plaignent que LL ne fait rien contre les Copybots et les mêmes qui pleurent à l’idée d’investir 10L$ par objet mis en vente sur XStreet-SL …  C’est pour cela que les DRM finissent toujours par disparaître. Cf Apple, par exemple, avec son iTunes alors même qu'il était en quasi monopole, mais oh combien d’autres.  

Fermer le code, ça résoudrait?
Non plus. Pour rappel, le premier Copybot fut écrit alors que le code source du client n’était pas encore Open Source et n'était pas plus dur à utiliser qu'un simple bot d'invitation de groupe.

Et les scripts de protection «anti copybot», les «black lists», les fichiers en tout genre ?
Déjà, pour rappel, la création de fichiers nominatifs (y compris de nom d’avatar) est soumise à beaucoup de restriction suivant les pays! Les sanctions peuvent même être extrêmement lourdes. Rappelons qu'une banque française a beaucoup souffert sur ce sujet en Bretagne ainsi que dans l’est du pays.

Ensuite, pour ce qui est des blacklists, il reste ce que l’on nomme les «faux positifs». C'est-à-dire que toute liste noire contient un taux de faux positifs (c'est-à-dire des personnes qui ont été introduites dans la liste par erreur ou bien volontairement pour nuire). Ancien petit(e)s ami(e)s, relations de travail, concurrent, et certains ne se gênent pas pour rire (y compris en public) d’avoir introduit X ou Y qui a refusé ses avances ou de rendre un service ou tout simplement fournissait un produit concurrent meilleur. Ce qui rend déjà par principe les blacklists totalement inutiles voir dangereuses (qui aimerait rendre service à des salopiots ? Vous ? Non, pas moi en tout cas).

Quand aux «scripts LSL» et autres «bots» censés détecter les «copybots et autre», je vous raconterais une anecdote qui date de quelques semaines. Un marchand se plaignant «y a plus que des copybots chez moi», «je vends plus rien», «cela fait x semaines que cela dure j’en peux plus, j’ai plus un client régulier!»  Ce brave gogo s’était équipé d’un des dits scripts qui travaillait sur un principe stupide. Pourquoi stupide? Tout simplement parce que bon nombre d’actions pouvaient être prises comme étant le signe d’un copybotage ce qui entraînait le ban automatique de clients hors du magasin!

Quelques personnes ont également eut vent de cette histoire car ses propres clients (qui étaient dans son groupe) se sont presque tous vus offrir un superbe cadeau très bien fait. Qui n’avait qu’un petit script de rien du tout en apparence bien innocent car légitime mais faisait déclencher aussitôt le ban par le fameux script de protection anti-copybot.

L’on ne parlera pas non plus de tous ceux qui utilisent copybot comme argument pour vous protéger, l’on retombe dans ce cas sur le bon vieux principe «maffieux» utilisé par certains : ils viennent pour vous copier puis vous vendent leur "protection" (sic). Preuve que Second Life est bien réel, l’on y a l’addiction, la bêtise, les maffieux, démonstration ultime que Second Life est un monde réel et … moderne.

Et l'acheteur de bonne foi?
 
L’acheteur de bonne foi, c’est celle ou celui qui ayant acquis un objet (disons une robe sculpty) vendu à un prix équitable (disons dans les 400 L$), qui  ne présente rien pour éveiller des soupons et qui s’est en fait retrouvé avec un objet qui est le fruit d’une copie illégale. Par exemple vous achetez chez Mr X la robe sculptée très jolie sans savoir qu’il s’agit d’un modèle créé par Y que X a copyboté. (Pour vous aider lire, l'Annexe 1 : 10 Conseils à donner pour lutter par l’éducation contre le copybotage.)
Théoriquement, et in fine, LL doit pouvoir détruire les versions copybotées. Ils ont déjà essayé de le faire (avec plus ou moins de succès). Mais cela pose un réel problème pour les gens ayant acheté en toute bonne foi. On pourra lire sur ce cas les mésaventures du Kindle®, la liseuse virtuelle d’Amazone©. Des utilisateurs ont vu détruit de leur inventaire de lecture des ouvrages achetés légalement du simple fait qu’ils ont acheté en toute bonne foi une version à quelqu’un qui ne disposait pas des droits pour le vendre.

Il est difficile, en l’état, de dire comment tout ceci se terminera, car l’affaire est trop récente et il semblerait que l’on aille vers un arrangement entre Amazone© et les acheteurs privés de leur livre ; arrangement qui sera évidement financier. Malheureusement nous n’aurions pas dans ce cas d’intervention de la justice pour nous éclairer sur la position du monde réel dans ce genre de cas.

Dans le cas de Second Life, on a la même problématique. Oublions la robe et disons que maintenant vous avez acheté des animations ou un item destiné à être intégré dans vos constructions. Si Linden Lab estime sur la base d’une simple DMCA (qui n’est pas une décision de justice mais une demande de justice) de détruire les items que vous avez fabriqués en toute bonne foi à partir d’un  élément copyboté, voilà qui risque d'ouvrir une grande perspective aux avocats et autres juristes en herbe ou non. Encore plus dans le cas où Linden Lab viendrait à avoir une présence sur le territoire européen qui dispose de législations différentes sur le sujet.

Sans compter que tout commerçant qui ne penserait pas à son image dans un secteur aussi hautement concurrentiel que SL, risquerait bien de se griller !

Est-ce que LL peut prendre des sanctions contre l’acheteur de produit copyboté? Il est très dur de répondre à cette question. Mais il faut bien voir, qu’en l’état, les contrats d’accès à Second Life donnent énormément de droits à Linden Lab. Il y a peu eu d’intervention de la justice du monde réel pour statuer (la plupart des affaires ayant fini par un arrangement dont on ne connaît pas précisément toutes les clauses).


Le cas Stroker

Je n’entrerais pas en détail dans le cas « Stroker ». Mais impossible de ne pas l’aborder sommairement dans ce document. Pour plus de détails, je vous conseille la lecture de l’article synthétique réalisé par Garmin pour le Canard Virtuel.

En gros, Mr Stroker est un vendeur de lits érotiques. Il estime que Linden Lab, éditeur du metavers Second Life tire un avantage d’une action lente dans la lutte contre les copies illégales et ne remplit donc pas toutes ses obligations. Il intente donc, avec d’autres, une « class action » (une procédure américaine très spécifique) contre Linden Lab.

Je vous laisse vous faire votre opinion sur la base de l’article de Garmin ainsi que des références qu’il indique.

Les créateurs, ils en pensent quoi?

La position des créateurs est évidement multiple. Pour certains,  le souci serait que la violation de l’IP Right (le Droit à la Propriété Industrielle) serait trop simple.

Si par leur concept, les objets ont une fragilité à la copie du fait que c’est ce qui permet à l’objet d’exister et nous permet de le voir, il ne fait pas de doute que l’accès à cette fragilité se fait effectivement plus simplement qu’en 2005.

Ils pensent que l’évolution par la simplification d’accès est un mal alors qu’il faut bien voir qu’il s’agit d’une constante de l’humanité au même titre que Pi. Dans une société technique, on vise toujours à simplifier et tout se simplifie quitte à provoquer révolution sur révolution.

Si certains y voient une raison d’avoir peur, l’on notera tout de même plusieurs choses. L'Humanité, dés son origine, a eu tendance à simplifier. Cela a toujours fait peur, c’est même l’une des bases du Luddisme, je dis bien une des bases, le luddisme ayant aussi des raisons sociales qui n’ont pas lieu d’être ici.

L’Humanité a survécu et prospéré bien que cette simplification se soit faite aussi dans sa capacité à détruire toujours plus en toujours moins de temps. Notre sécurité vis-à-vis de cela a été de faire une  progression qui ne passe pas tant par des solutions techniques mais par l’éducation et le droit.

Toute l’histoire de l’humanité  est technique du fait qu’elle est technicienne par obligation (l’illustration allégorique de 2001 Odyssée de l’Espace, qui était pendant longtemps un symbole bien connu des résidents, en est une bonne illustration. Et elle  se base sur ce principe «rendre plus simple pour élever l’Homme». Les périodes d’obscurantisme technique et scientifique n’ont d’ailleurs pas été très roses.

LL je ne suis pas là

Pour eux, la faute en revient à Linden Lab. Cette position, si elle peut se comprendre, est néanmoins très réductrice dans le sens où Linden Lab éditeur tout puissant à aussi un souci très simple. Les contraintes techniques et la manière dont les gens se comportent en société s’appliquent tout autant à eux qu’à n’importe qui dans les vies premières ou secondes. Linden Lab ne peut pas réécrire la manière dont les gens vivent en harmonie ou en s’en prenant aux autres au travers de leurs biens, leurs idées, leurs personnes ou leurs créations.

Linden Lab doit comme tout un chacun, faire avec et trouver le juste milieu. En sécurité, on applique un raisonnement très simple : on proportionne la sécurité à la valeur du bien à protéger. De même que vous n’utilisez pas un algorithme militaire de cryptage pour conserver la recette de votre plat favori car cela reviendrait trop cher pour quelque chose qui n’a pas en soit une valeur suffisante. Si, par contre, vous êtes détenteur du secret de l’immortalité, il est probable que vous appliquerez une sécurité maximale à cette chose là. Consultez l'Annexe 2 : 10 Rumeurs sur le copybotage et notamment sur la partie traitant de l’économie de pénurie.

Pour d’autres créatifs, il y a le choix de privilégier une autre forme d’échange et de commerce, de replacer l’humain au centre et de produire ce qu’attend le client en partant du principe qu’un copieur n’a pas d’imagination et que l’on peut toujours adapter ses produits et concevoir son plan d’affaires en tenant compte de la fragilité en ce qui concerne la copie.

Ils basent alors leur commerce sur la production événementielle de produits (ce qui ne laisse pas le temps au copyboteur de faire quoi que ce soit), de produits adaptés aux saisons mais surtout ils tiennent compte d’un fait qui à mon avis échappe à beaucoup ; c’est que contrairement à ce que l’on croit, les capacités techniques de Second Life évoluent, très très très vite. Que l’impossible d’hier est souvent devenu le possible de ce matin.

Je donnerais deux exemples simples et, à mon avis, parlants. Si vous faites de la création vous connaissez le dogme suivant :
«on ne peut rien placer en bout d’un flexy qui suivrait les mouvements du flexy». C’est un dogme que bon nombre de buildeurs vous diront. Pourtant, on peut voir avec l’arrivée des avatars navi se multiplier une technique, jouant sur plusieurs flexys ayant les mêmes paramètres de flex et linkés entre eux. En plaçant avec habileté les textures différentes, on donne l’impression qu’un «plumeau» de fourrure se trouve en bout de queue et suit la queue. L’effet n’est pas à 100% parfait mais cette solution toute simple que seul un vrai créateur pouvait trouver est largement suffisante pour donner l’illusion et se propage rapidement alors qu’elle était rare, voir très rare, il y a peu !

Autre exemple : qui en tant que créateur de vêtement n’a pas hurlé contre les jupes «SL», pourtant de chez Coco Design à Edelweiss ou à feu Monaca (qui a quitté SL pour d’autres raisons que copybot, je précise de suite) on a  vu des techniques originales pour rendre intéressante cette horrible shape skirt!

Dans les deux cas ci-dessus, on a l’exemple de choix techniques qui ne peuvent être faits que par des créatifs. Des idées qui seront probablement reprises par bon nombre de créateurs sans utilisation de copybot car chacun réinterprétera ce genre de solution dans une vision personnelle et totalement originale, créant un peu plus une réelle richesse dans Second Life. 

Aucun copyboteur n’aurait eu cette possibilité, ni de la trouver ni de réutiliser cette technique car, tout simplement, il n’y a pas assez de travail pour cela de leur part.

Je n’irais pas jusqu'à dire que je me réjouis du copyboteur parce qu’il me ferait à moi et à vous moins de concurrence que l’on imagine mais il y a un peu de cela. Car, pour trouver des nouvelles solutions, des techniques permettant de repousser un peu plus les possibles, il n’y a qu’une solution : créer et essayer mais certainement pas la fainéantise de la copie. Et qui ne travaille pas à comprendre comment créer par lui-même ou avec les autres (et non CONTRE les autres) sur SL se condamne à ne pas évoluer ni à proposer d’items qui peuvent intéresser des client(e)s. Bref, le copyboteur se condamne sans le savoir à ne pas pouvoir suivre le rythme mais juste à picorer ou tromper «monsieur et madame gogo». Si l’on n’oublie pas que ceux qui achètent vraiment et en nombre sont les résidents ayant déjà une expérience et un passé … on sait qui pourra fonctionner en vendant ou pas.

Dans tous les cas, il faut bien comprendre et j’espère, si ce n’est réussi, au moins vous avoir fait partager ma conception que le problème de copybotage n’a rien à voir avec une question technique. Qu’il doit être refusé «en soit» et que les solutions, si il y en a au moins une, ne peuvent venir que de notre perception en tant que créatrice ou créateur. Que l’utilisation du copybotage est une insulte à ce que vous êtes réellement en vous refusant de vous donner la possibilité même pour laquelle vous venez sur SL, c'est-à-dire créer, rencontrer, découvrir et échanger.


Alors? On ne peut rien faire?

Si, l’on peut passer par l’éducation. A condition d’expliquer. A condition que chaque créateur ayant conscience des limitations de la virtualité vis-à-vis de l’économie de pénurie se mette … à travailler au lieu de se plaindre (Annexe 2 : 10 Rumeurs sur le copybotage.)

L’autre hypothèse serait l’introduction, comme dans certaines communautés Rl, de «conciliateur de paix». Ce concept vise à introduire des personnes à qui l’on fournit un «statut spécifique» ; à eux d’entendre les parties et rendre une proposition d’accord après audition des griefs et de la réponse contradictoire. Mais à noter ce que ce type de résolution des conflits, si il fonctionne bien dans des communautés restreintes, si il est très rapide, peut être difficile à mettre en place, pour plusieurs raisons. Il faut trouver des personnes «reconnues» et admises ou bien des personnes qui acceptent de porter une charge (symbolique mais signifiante) que le résident commun n’a pas.

Par exemple, dans le cas d’un metavers comme SL, cela ne pourrait être que des personnes qui donnent volontairement publiquement leur identité réelle de manière vérifiée et non équivoque.  Dans ce type de concept, il faut bien voir que si les personnes qui ont soumis l’affaire (le plaignant ou la personne soupçonnée) refusent le compromis final du conciliateur, celui qui refuse prend un mauvais point et l’affaire ne peut alors être réellement résolue que par une autorité légale totalement indépendante. 

Le deuxième souci, pour ce genre de solution dans un environnement de type metavers comme Second Life, est qu’il est culturellement très vaste. La perception du droit variant énormément entre les cultures. Il est donc très difficile de trouver des personnes ayant un profil compatible au niveau culturel, technique et social. Difficile, mais après tout c’est notre monde, notre imagination  et ce principe en usage depuis quelques dizaines de milliers d’années à encore de beaux jours devant lui et pas seulement dans les cultures premières.  Dans tous les cas une solution de ce type ne peut être mise en place que par Linden Lab.


Au final c’est gentil tout cela, mais copybot est ce bien ou mal?

La question n’est pas une question de morale. Ce n’est pas une question de bien ou de mal ; une telle présentation équivaut à peser des jugements de valeur. Mais, tout simplement, une question de … (seconde) vie.

Vivre en société implique que nous acceptions l’autre. Que cet autre ne soit pas nous et puisse avoir des rêves, des espoirs, des choix qui ne sont pas les nôtres. Certains veulent faire commerce, il est impératif de les respecter non pas à cause des TOS, non pas à cause de la morale mais simplement parce que personne n’a le droit de leur dire qu’ils ne doivent pas vivre comme ils l’entendent tant qu’ils respectent les règles de vie commune. Et utiliser copybot pour acquérir une copie de leur création est une perte de temps et un manque complet d’imagination qui porte préjudice non pas aux commerces mais à la personne.

Si vous désirez des objets full perms que vous pouvez redonner, n’oubliez pas qu’il y a un très fort marché d’objets légaux full perms que vous pouvez texturer (ou faire texturer), adapter à vos besoins en toute légalité, souvent sous unique réserve de ne pas les redistribuer en full. Et souvent à des prix qui ne sont pas plus hauts que les choses faites par certaines marques, voir bien moins chers et d’une qualité qui est loin d’être inférieure.

Vous trouverez également bon nombre d’objets, textures, animations, scripts qui sont disponibles sous licence CC ou GPL ou BSD très souvent gratuitement ou avec une contribution totalement symbolique.

Ce sont des items qui sont faits par des gens qui ont envie de s’amuser (sans s’imposer tout le travail marchand).  Ils sont librement distribuables, copiables, modifiables et même vendables (sauf exception  pour certains items sous licence CC qui peut restreindre certains droits). Leur qualité est même souvent bien meilleure que les produits «commerciaux» purs car ils bénéficient des améliorations immédiates de dizaines voire milliers de personnes!

Pas besoin de s’ennuyer avec copybot, vous avez là tout un domaine à explorer légalement!

En conclusion,  à moi, à vous, à nous de vivre en société. Nous avons une «seconde» chance d’apprendre à  vivre ensembles. Elle ne nous demande pas tant d’efforts en éliminant de l’équation vie un certain nombre de paramètres que nous devons subir dans la RL, la douleur physique, la faim, le froid, la nécessité de trouver un toit etc.

Voilà qui devrait nous convaincre d’au moins faire un effort sur notre capacité à vivre en communauté en respectant chaque résidente et résident.
 
naofan Teardrop
Merci à Samia, Gwen, la communauté meta japonaise, Dop Kidd, Nathou pour la queue de navi (non je ne regardais pas queue autrement que sous un œil technique) et les ami(e)s d'OsGrid pour la lecture correction/ conseils.
 

Annexe 1 : 10 conseils à donner pour lutter par l’éducation contre le copybotage:

  1. Vérifier qui est le vendeur quand il s’agit d’un lieu présentant beaucoup d’objets à des prix qui ne sont pas nécessairement ceux du marché. Par exemple vérifier qu’il soit Payment Info Used ou au moins on file si il a une boutique avec des 20aines d’items qui ont nécessité des heures de travail, il est peu probable qu’il n’ait jamais eu à faire entrer … ou sortir des L$.
  2. Vérifier si il y a une licence plus ou moins restrictive justifiant le prix (en très cher ou en pas cher) en cas d’objet full perm.
  3. Vérifier si il fait la promotion de son magasin en passant des annonces dans son profil.
  4. Regarder si il y a une coordination dans ses créations. TOUS LES CREATEURS ONT LEURS BONNES ET MAUVAISES HABITUDES. Cela transparaît de manière subtile dans les créations et leur style. Très rare sont ceux qui passent par des dizaines de styles différents (cela arrive néanmoins chez ceux qui recherchent la performance artistique ou changent souvent de communauté voire chez ceux qui ne sont pas une personne mais un studio 3D avec X concepteurs derrière la marque).
  5. Ne pas hésiter à contacter l’auteur pour lui demander des détails. Exemple «vous vendez ceci no mod avec plein de scripts par prim, puis-je avoir la version sans script car je n’aime pas le lag».
  6. Vérifier la présence d’un groupe de support où le chat est actif. Quelqu’un qui investit du temps dans le support a autre chose à faire qu'à copyboter !!!!
  7. La présence d’un Mainstore ayant «pignon sur rue», bien identifiable et accessible.
  8. Faire savoir autour de vous qui sont les créateurs que vous aimez! Leur donner de la visibilité. Le partage d’information rendra toujours plus performant un vrai créateur qu’un vendeur d’item copyboté qui lui à besoin de la discrétion pour agir.
  9. Se méfier de la bonne affaire qui tue faite au détour d’un sandbox!
  10. Utiliser et promouvoir les produits sous licence ouverte pour offrir une alternative.


Annexe 2 :  10 rumeurs sur le copybotage

  1. Copybot existe à cause de l’OpenSource.
    C’est faux. Copybot était un outil écrit alors que le client n’était pas OpenSource.  L’OpenSource  (vous verrez aussi souvent l’acronyme FOSS) n’a rien à voir avec Copybot. Le fait d’accéder aux sources du programme Second Life ne rend pas plus simple le copybotage. Toute personne qui est capable de lire les sources est capable de faire un copybot sans lire UNE SEULE LIGNE du client Second Life.
  2. Si quelqu’un de ma liste d'amis dit que X fait du copybot, vite bannir X et envoyer à tout le monde l’info car il faut lutter par n’importe lequel des moyens contre copybot.
    C’est certainement la pire chose à faire. Vous n’avez jamais les moyens de vous assurer que la personne de votre FL (Liste d'Amis) ne se trompe pas, n’a pas envie de se venger de X ou bien n’est pas naïf ou naïve au point de colporter une rumeur. La réponse à faire dans ce genre de cas est et doit rester «si il y a un problème faire un AR (Signaler une infraction...) et contacter Linden Lab, car eux seuls peuvent gérer cette situation en vérifiant les informations». NE JAMAIS FAIRE CONFIANCE A QUELQU'UN QUI VOUS DIT «Ne t’inquiète pas, je connais bien un Linden, il va arranger cela, ou je connais un Linden qui … ».
  3. Un nouveau viewer va permettre de rendre impossible le copybotage.
    C’est faux. La technologie utilisée par Linden Lab nécessite que TOUTES les informations qui permettent de voir un objet soient transmises au client (le viewer qui porte si mal son nom). Ce qui implique que tout programme accédant à SL doit avoir toutes les informations pour «dupliquer» l’objet. Si l’on modifie, altère les dites informations on ne peut plus reconstituer l’objet donc l’on ne peut pas le voir correctement. Qui plus est, tout traitement supplémentaire entraînerait un temps de travail supplémentaire pour le client ce qui ralentirait les processus et ferait apparaître notre ami «grand méchant lag». La lutte contre le copybotage passe par l’éducation et non la technique en l’état de l’art sur Second Life.
  4. Il est impossible de faire un commerce à cause de Copybot.
    C’est faux et c’est vrai. C’est faux si vous réfléchissez, c’est vrai si vous concevez le commerce d’objets virtuels sur la même base que le commerce d’objets réels. Ce qui est stupide car les deux ont une différence fondamentale. La production d’un objet réel a bon nombre de coûts de production, dont un qui est la «fabrication» ou la «duplication». Les personnes ou les robots qui cousent les vêtements, l’employée qui vérifie que votre nouvelle voiture est propre avant que vous ne la receviez, les mineurs qui travaillent à l’extraction du métal nécessaire à votre ordinateur, le prix du dit métal  etc. C’est ce que l’on nomme (de manière très simplificatrice) une économie de pénurie.
    C'est-à-dire que la production du bien X a un coût mais la production des biens X1 X2 X3 X4 …  en a un aussi pour chaque exemplaire.  Dans un monde virtuel X2 X3 X4 X5 sont à zero ce qui fait que votre produit a ce que l’on nomme un coût tendant vers zéro en production, on n'a donc que le coût de conception (voire d’entretien si le produit nécessite un support).
    C’est ce qui fait que tout commerce doit savoir que son bien est une denrée qui va très rapidement (bien plus vite que RL) avoir une valeur tendant infiniment vers 0 sans JAMAIS REMONTER. D’où le fait de concevoir son commerce en pensant à ce détail.  On ne peut pas espérer dans SL vendre pendant 1000 ans la même cochonnerie ou la même sublime réalisation sans que de sa simple existence, la valeur du dit bien ne décroisse rapidement vers 0. Conclusion, pensez à votre commerce et à la manière dont vous allez le gérer sur ce principe et le copybot deviendra probablement le dernier de vos soucis à coté de celui qui consiste à toujours faire mieux.
  5. Copybot permet de voler au sens légal du mot.
    C’est faux, car le vol sur un plan légal nécessite de faire perdre la jouissance et la possession d’un bien. Si je vole votre voiture, le matin qui suit vous irez travailler à pied, en bus ou à cheval ; un copybotage de votre voiture ne vous empêcherait pas d’aller travailler. Le copybot viole les lois sur la propriété intellectuelle ce qui est différent.
  6. Emerald est un copybot ou facilite la vie des gens qui utilisent copybot.
    C’est faux. Emerald est un client comme les autres. Il ne facilite en rien le copybot. Plus précisément il ne le facilite pas plus que le client officiel, que Snowglobe ou bien les outils d’Opensim (le pendant OpenSource de SL). Par contre des clients (les programmes) dans lesquels on a enlevé les sécurités morales peuvent se faire passer pour Emerald ou Snowglobe etc.  Mais cela ne veut pas dire que les concepteurs de Emerald ou Snowglobe ou Imprudence soient responsables de quoi que ce soit. Sauf à penser que vous,  oui vous, seriez responsable de ce que toute personne fait sous prétexte qu’elle a le même prénom que vous.
  7. Le copybotage et le viol de la propriété intellectuelle ce n’est pas pareil.
    C’est Faux. Toute reproduction dans Second Life d’un item protégé est une violation de la loi du monde réel dans bon nombre de pays et se trouve être AUSSI GRAVE que Copybot. Prenons un exemple : une marque de chaussure RL fait un design avec des couleurs spécifiques etc ; la reprendre dans SL même sans utiliser le nom de la marque est identique à l’utilisation d’un Copybot sur le plan légal.  Idem pour l’utilisation de bibliothèques diffusant des produits sous licence revendus dans SL sans respecter la licence originelle. Exemple, vous téléchargez une animation trouvée sur une base de données pour programme 3D dans SL, c’est TOUJOURS la licence originelle qui s’applique sauf contre indication spécifique! Idem pour les objets 3D conçus pour 3Ds (très utilisés actuellement) et convertis pour SL, idem pour les skins (importés souvent illégitimement depuis Daz par exemple).
  8. Je peux faire un AR dés que je vois quelqu’un dont je pense qu’il fait du copybot sans risque et de toute manière Linden Lab saura quoi faire.
    C’est faux, la dénonciation calomnieuse est inscrite au code pénal de la plus part des états occidentaux. Un AR doit être réfléchi, motivé et n’est pas un mail à sa copine ou son copain pour rire! Linden Lab ne saurait servir d’anonymisateur pour vous protéger en cas de litige de ce type.
  9. Pas grave le copybot, je peux faire une DMCA pour n’importe quoi, je ne cours aucun risque.
    C’est faux. La DMCA est un acte LEGAL DU MONDE REEL par lequel vous déclarez être titulaire des droits! Prenons un exemple un créateur de sculpty vend une reproduction en sculpty d'une tête Hello Kitty® (sans l’utilisation du nom). Mais dépose des DMCA. En fait si il tombe sur un casse pied qui a du temps et de l’argent à perdre (ou investir), il se fera condamner avec certitude sauf à prouver qu’il a bien acquis une licence d’exploitation d’usage de Hello Kitty® (ce qui est fortement improbable dans le cas présent, vu que dans ce cas il aurait obligation d’utiliser la marque Hello Kitty® pour son produit).
  10. J’ai vu un copyboteur, il avait un cube devant lui qui générait des cubes et prenait des formes!
    C’est une possibilité. Mais ce n’est pas forcement la réalité. Pour deux raisons. Tout d’abord, on utilise des techniques comme HPA, qui sont des techniques d’import. C'est-à-dire que vous concevez tout un build outworld dans un produit comme 3Ds, Maya ou Blender et vous «reconstruisez inworld» directement par assemblage. Cela ressemble pour celles et ceux qui s'y connaissent aux fonctions d’import/export de Emerald, Imprudence ou Meerkat, 3 viewers parfaitement légaux et destinés à des usages spécifiques.
    Sauf que la génération là se fait au travers d’un cube rezzé contrairement à l’utilisation depuis la fonction d’import d’Emerald …  Que l’objet ressemble à un  autre objet ne prouve d’ailleurs même pas qu’il s’agisse d’un copybotage vu que certains utilisent des bibliothèques d’objets 3D convertis à SL. Le seul moyen de s’en assurer serait de comparer la manière dont le sculpty a été formé et/ou les modifications des textures de shading (effet ombrage ou autres) ce qui est un travail long et loin d’être à la portée de l’œil de tout le monde.

 

Mis à jour ( Vendredi, 05 Février 2010 20:27 )
 

Commentaires 

 
#3 kay 2010-02-06 19:53 C'est un article brillant ! Documenté, argumenté, interessant, compréhensible et bien écrit. Merci.
Il pourrait servir de référence en élargissant, à la HADOPI.
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#2 Eve 2010-02-05 17:26 /me termine l'article avec les yeux qui piquent (trop de lecture)

Question : Si je fais un objet que je ne vends pas, et que quelqu'un le copy, est ce que mon AR sera entendu par LL ?
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#1 Marianne Qunhua 2010-02-05 09:59 bonjour,

Magnifique article qui remet bien des pendules à l'heure (à mon avis). Je n'y connais pas grand chose en technique, mais cela me semble très clair.
Merci.
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